Nous voulons tous sauver la planète. A minima, nous pensons que nos actions ont un impact, une empreinte sur le climat. Avons-nous tous lu les rapports du GIEC pour autant ? Pas toujours, mais nous en avons entendu parler. Or, en France, le e-commerce continue à progresser, et les métiers de la logistique représentent 10% des emplois. Le diesel n’a plus la cote… Quels comportements dans nos choix logistiques pouvons-nous adopter pour favoriser le climat ?

Supply chain et climat : que font les consommateurs ?

La logistique, tous concernés ?

Imaginons un citadin qui souhaite apprendre à consommer en ligne : l’Etat – Ministère de l’Economie – lui explique avec une fiche pratique comment acheter sur internet. Ce citadin ayant été rassuré par l’Etat, il peut rejoindre la tribu des acheteurs (et acheteuses) en ligne, qui dépensent 65€ en moyenne par achat. Ce citadin utilisera une fois sur deux son mobile, en 4G, voire 5G. Le même smartphone qu’il utilise pour prendre son vélib ou payer dans les magasins. Si le citadin est de la génération Z, il fera même 50% de ses achats en ligne ! Une part de service, mais aussi une part de produits. Qu’il faudra acheminer jusqu’au point retrait ou livrer à domicile.

Selon son quartier, le citadin bénéficiera de pistes cyclables pour aller chercher lui-même sa machine à laver au pickup, point relai ou drive piétons le plus proche. Comment le livreur a déposé dans ce point relai ladite machine, sans place de livraison proche ? D’ailleurs, si une boutique est dans une rue piétonne, comment l’approvisionner ? En interrogeant les commerçants, on se rend compte que les aménagements publics pèsent sur l’approvisionnement. La collectivité, Mairie ou communauté, structure la voirie de la ville. Son rôle est primordial dans la sobriété énergétique de la logistique. Elle ne peut s’exonérer d’une étude d’impact détaillée, comme la récente étude de la ZTL de Paris.

La logistique a su s’adapter aux demandes

La promesse d’internet a été de nous amener immédiatement des services, et des produits. Quand on regarde des films en streaming, la logistique est moins visible. Toutefois, Netflix a d’abord été une entreprise qui livrait des DVD chez ses clients. A l’image de la musique, le septième art bénéficie aussi de la dématérialisation. Nous pouvons le consommer depuis notre canapé, avec une pensée coupable pour la planète. De la même façon, il est devenu difficile de résister à l’instantanéité des services de livraison à domicile. Comment un urbain, vivant dans une capitale à pistes cyclables, peut-il encore aller en voiture chez Ikéa ? Ikéa a d’abord créé un format de magasin de centre-ville, place de la Madeleine ; tout en développant les services de livraison à domicile.

En centre-ville, avec un prix au m² qui augmente, le commerçant va maximiser son espace de vente. Il devient plus rentable pour lui de diminuer sa surface de stockage et d’augmenter ses livraisons. Le logisticien saura s’adapter. Le client, comme vous et moi, veut bénéficier du « phygital », c’est-à-dire commander le lundi soir sur un site internet son produit et passer le chercher à sa boutique préférée le mardi. Le logisticien saura s’adapter. La Mairie a appliqué son programme pour la planète en fermant deux voies aux voitures. Le logisticien saura s’adapter.

Client, élu et livreur dans une vision logistique urbaine

« L’enfer -de la planète-, c’est les autres »

Un sondage de juin 2023 donne quelques clés de lecture sur nos comportements :

  • 82% des Français sont inquiets pour le climat ;
  • 83% des Français attendent que les élus locaux agissent davantage pour lutter contre le réchauffement climatique ;
  • 46% des Français pensent faire plus d’efforts que les autres et 51% autant que les autres (d’effort en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique dans sa vie quotidienne).

Comment pouvons-nous décliner cette conscience aigüe des enjeux dans nos comportements ?

Une enquête du Sénat nous apprend que :

  • 93% des 3000 personnes interrogées s’estiment insuffisamment informées des conséquences environnementales de la livraison lorsqu’elles effectuent un achat en ligne ;
  • 90% de ces mêmes personnes souhaitent, lorsqu’ils effectuent un achat en ligne, disposer d’une information sur l’impact environnemental des solutions de livraison proposées.

Nous développons l’impression que chacun aimerait faire, mais faute d’information, ne peut pas ! Cela peut nous laisser marmoréen ; cela parait simple : quand on achète un billet de train, on connait son empreinte carbone. Techniquement, c’est un peu plus compliqué : votre colis aura transité par plusieurs moyens de transport. Il aura peut-être même été stocké aussi. Compliqué mais faisable, à condition que les différents SI, de plusieurs entreprises, dans plusieurs pays puissent communiquer entre eux et associer de la donnée bout-en-bout à votre colis.

L’article L. 1431-3 du code du transport prévoit (depuis 2013) que « toute personne qui commercialise ou organise une prestation de transport de personnes, de marchandises ou de déménagement doit fournir au bénéficiaire de la prestation une information relative à la quantité de gaz à effet de serre émise par le ou les modes de transport utilisés pour réaliser cette prestation ». En 2025, la loi Climat et résilience va renforcer cette obligation d’une amende de 3000€. Encore une fois, le logisticien saura s’adapter.

Une fois que nous connaitrons cette information, comment adapterons-nous réellement nos comportements ?