Dix réutilisations de l’open data en France (la 10e va vous surprendre)


En France, la loi pour une République numérique de 2016 a initié un mouvement d’ouverture de la donnée suivi par beaucoup d’acteurs : les collectivités territoriales (communes, départements, régions…), les partenaires et délégataires de service publics (GRDF, RATP, SNCF…), les entreprises, etc. Cet engagement se poursuit depuis lors et fait aujourd’hui de notre pays le 3ème élève de la classe en termes de mise à disposition des données (selon l’open data barometer). Depuis quelques temps, et puisque la France à beaucoup à offrir en la matière, je m’amuse à m’égarer sur les sites d’open data. J’y trouve des données utiles pour nos missions de conseil, des informations de valeur pour le citoyen que je suis et parfois des pépites dignes d’un cabinet de curiosités. Ces pérégrinations internautiques m’ont donné l’envie de partager avec vous et dans le désordre quelques trouvailles parmi les réutilisations de la donnée mise à disposition sur etalab.

 

Les moteurs de recherche des morts

Histoire de commencer cet article sur une note légère, sachez que l’open data vous permet aujourd’hui de prendre des nouvelles de votre oncle Bernard que vous n’avez pas vu depuis 3 ans en quelques clics. Plus sérieusement, d’une part j’espère que votre oncle Bernard va bien (suivez ce lien ou celui-ci pour vérifier), et d’autre part, grâce à une base de donnée remontant à 1970, ces « moteurs de recherche des morts » constituent de supers outils pour faire de la recherche généalogique et plus globalement permettent des analyses démographiques/sociologiques intéressantes sur les dernièrement jugés de notre pays.

Ouf…

Pour les fans de cartographie

J’adore les cartographies, d’abord parce qu’elles sont jolies et aussi parce qu’elles sont souvent utiles. Dans ce registre, je vous propose de découvrir l’outil cartographique que propose DataFrance et qui permet d’une part d’accéder aux données mises à disposition par les collectivités territoriales à une maille fine (communes) et d’autre part de croiser ces données sur un outil de visualisation cartographique ergonomique. Les données à disposition y sont nombreuses : plus de 90 jeux de données par commune répartis dans 8 thèmes différents (population, transport, services, logements, éducation, environnement, économie et emploi, politique) – il y a là largement de quoi répondre à bon nombre de questions que vous vous posez sur le territoire français et, à défaut, de simplement vous amuser à croiser des données. Dans le même registre, l’observatoire des territoires a récemment lancé une initiative de cartographie du déploiement du numérique dans les établissements scolaires. Le projet s’appelle eCarto, un sujet plus spécifique mais qui pourrait intéresser certains d’entre vous !

Exemple d’utilisation de l’outil DataFrance (croisement chômage et positions des gares ferroviaires sur le territoire)

La petite histoire des chemins de fers français

Faisons une pause syndicale avec cette dataviz de l’historique des grèves SNCF depuis 2002. Au delà de l’aspect un peu kitch du site, notons la représentation proposée des motifs de grève en nuage de mots, je la trouve pour le moins intéressante ! Un autre exemple de cette manière de représenter des données non structurées en mindmap avec une dataviz des contributions au « vrai débat » proposée par le Politoscope.  Ce dernier exemple illustre assez bien la manière dont les outils du numérique associés à l’open data peuvent faire évoluer nos modes d’animation du débat citoyen, non ?

Les données en déplacement

Il y a quelques temps, je tombai sur Hubblo, une application basée sur l’open data qui vous propose de connaître le profil sociologique de la population qui vous entoure (familles monoparentales, revenu moyen, tranches d’âge…) dans un rayon que vous déterminez. Une bon outil pour répondre à la question « qui est où ? ». Puis fin janvier, je découvrai le Mobiloscope, un outil prometteur qui va plus loin encore en répondant à la question « qui est où et quand ? » Autrement dit, cet outil permet de visualiser les flux de population heure par heure en fonction d’un certains nombre de filtres que vous pouvez paramétrer (profil démographique, sociologique, lieu de résidence, cause de déplacement)

Parfois ça ne sert à rien mais c’est beau

Continuons dans la mobilité avec une proposition de visualisation par data.pour.paris de l’évolution du trafic à vélo dans Paris pendant les grèves RATP et SNCF fin 2019 début 2020. Pour le coup, je suis sûr que les données derrière cette représentation peuvent être utiles, en revanche je ne saurais pas trouver d’utilité à cette visualisation… Quoiqu’il en soit c’est joli !

Un bel exemple du « keynesianisme par l’open data » !

Depuis 2018, la mise à disposition des données de nature publique est obligatoire pour toutes les collectivités territoriales de plus de 3500 habitants. Beaucoup de données peuvent être qualifiées de « nature publique » : les budgets, investissements, résultats aux élections… Pour le coup, on comprend bien la valeur de ces informations qui, au-delà de leur aspect informatif, engagent également les collectivités territoriales à plus de transparence. Mais lorsqu’il s’agit de données telles que la localisation des cédez-le-passage cyclistes ou celle des panneaux d’affichage électoraux, la valeur apportée par la mise à disposition de ces informations peut être plus discutable… Et pourtant, voyez plutôt la valeur qu’ont su trouver Mapotempo et Quorum dans la réutilisation de l’information de localisation des panneaux d’affichage électoraux ; en rassemblant leur savoir-faire, les deux entreprises (Quorum = éditeur de logiciel de « mobilisation » ; Mapotempo = éditeur de logiciel d’optimisation de tournées) ont lancé une initiative citoyenne consistant à proposer aux citoyens militants et en libre accès des plans de tournées optimisés pour les campagnes d’affichage. Ces tournées optimisées étaient disponibles pour les législatives de 2017, les deux entreprises estimaient alors une économie potentielle de 35 000km de trajet au total. Au final, cette démarche constitue un joli coup de pub pour les entreprises à son origine (visibilité et démonstration d’un savoir-faire) et a contribué à un enjeu de nature public. Une belle démonstration du pouvoir de la data !

 

Et vous, quelles réutilisations de l’open data vous ont le plus amusé/intéressé ?

 

 

 

 

 

 

Loïc Leprat

Diplômé en 2018 de L’Université de Technologie de Compiègne, Loïc a suivi un parcours d’ingénieur généraliste en orientant ses expériences professionnelles dans le domaine de l’amélioration de la performance industrielle

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