De quoi l’hôpital a-t-il le plus besoin : Innovation ou Organisation ?


Semaine dernière se tenait porte de Versailles le salon HIT, rendez-vous annuel, sous le patronage de la Fédération Hospitalière de France (FHF), des acteurs de la santé et de l’IT, qu’ils soient publics ou privés, start-ups ou institutionnels, issus du monde médical, infirmier ou de l’administration.

C’était pour moi qui suis biologiste de formation l’occasion de replonger dans cet univers passionnant que j’ai découvert au fil des missions (hôpitaux, labos pharma, mutuelles, agrégateurs de données de santé…). Vous qui n’avez peut-être pas eu l’occasion d’y passer ? Restez calé dans votre fauteuil, je vous emmène…

L’hôpital est un lieu où l’on soigne, c’est une évidence. C’est même un lieu de recherche, d’excellence et d’innovation où toutes les spécialités médicales se forment, exercent et font progresser leurs disciplines respectives. Mais il est aussi un fascinant et très complexe hub logistique. C’est une ville dans la ville, où l’on vit, on dort, on mange, on nait et même, parfois, on meurt. Autour du soin c’est une multitude de réseaux logistiques imbriqués qui s’opèrent avec plus ou moins de fluidité : parcours patient, circuit du médicament, restauration, lingerie, déchets plus ou moins gras, plus ou moins infectieux, fluides médicaux, prélèvements divers, liquides et solides, poches de sang, résultats d’examen, sans oublier les flux financiers ou ceux du personnel… Le tout se croise et se recroise dans un flux continu, H24 7/7, avec finalement, quand on y réfléchit, relativement peu de loupés.

Le salon HIT est à l’image de cette diversité, et les domaines d’expertise vont, bien au-delà de la pure médecine, du BTP à la robotique, du mobilier hôtelier à la science moléculaire, du Dossier Médical cloudifié au pot de chambre connecté.

Une tendance générale néanmoins, celle de la révolution numérique et du Big Data. Peu de stands qui n’annoncent des lendemains qui chantent à coup de blockchain, IA et autres IoT trop géniale. Un survol rapide indique néanmoins à l’œil averti beaucoup de wording et de TechWashing, on fait du vieux repeint en neuf, et la proportion de structures qui mettent vraiment en œuvre tout ce joli buzz semble faible, voire homéopathique.

Alors, revenons à notre question initiale, l’hôpital a-t’il plus besoin d’Innovation ou d’Organisation ? J’aurais tendance à dire « les deux mon Professeur ». Mais pas forcément, pas systématiquement en tous cas, de l’innovation rocket-science, de celle qui va nous emmener sur Mars au volant d’une Tesla, vous permettre d’opérer un cerveau d’un continent à l’autre ou de reconnaître plus sûrement qu’un médecin la tumeur maline de la tumeur bénigne.

Peut-être plutôt, et de manière plus accessible, de l’Innovation qui va permettre à cette magnifique et très utile machine logistique de fonctionner mieux, plus vite, plus efficacement. Car si la santé n’a pas de prix, elle a un coût. Et dans le cas de l’hôpital un coût humain élevé : il en faut du monde pour faire tourner l’hôpital à toute heure du jour et de la nuit. Avec parfois énormément de perte en frictions et désorganisations diverses.

L’innovation, dans ce contexte, cela peut être l’idée de medGo qui adapte le concept d’intermédiation type AirBnb ou Uber au besoin de remplacement de l’hôpital. A la place de la sempiternelle liste de remplaçants « potentiels » (puisque déclarés volontaires 1 fois il y a bien longtemps), à contacter tour à tour sur leur portable sans aucune visibilité sur leurs dispo ou agenda, une plateforme sur laquelle les remplaçants connus et référencés d’un hôpital indiquent leurs disponibilités, et sur laquelle le service qui a un besoin peut contacter la bonne personne au bon moment. Déjà près d’un millier d’établissements convertis, preuve s’il en est du besoin.

Cela peut être aussi de permettre aux cadres infirmiers, véritables chevilles ouvrières de l’organisation hospitalières, armés très souvent uniquement d’Excel et de beaucoup de courage pour tenir les plannings, de mieux collecter et partager l’information à travers des outils relativement proches mais fondamentalement différents puisque connectés. Google Sheets, Forms ou agendas en ligne par exemple.

Jean-Marc Zanini

Jean-Marc Zanini a 20 ans d'expérience dans le conseil. Après une formation d'ingénieur agronome et une thèse en biostatistiques, il a intégré le cabinet Orgaconseil en 1998, où il a fait ses premières armes en participant au pilotage de grands programmes IT et en accompagnant des projets des transformation auprès de clients utilities, assurance et protection sociale. Il a ensuite œuvré comme free-lance, essentiellement sur du pilotage projet et du pilotage de programmes stratégiques, dans des domaines aussi variés que la banque, le secteur hospitalier ou l'industrie. Il a plongé il y a quelques années dans le monde fabuleux du Big Data et accompagne depuis plusieurs clients dans leurs premiers pas dans le domaine. Après plusieurs années de collaboration avec ISlean, il a rejoint en 2017 l'équipe dont il partage les valeurs et l'envie de délivrer de la valeur à ses clients.

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Jean-Marc Zanini a 20 ans d'expérience dans le conseil. Après une formation d'ingénieur agronome et une thèse en biostatistiques, il a intégré le cabinet Orgaconseil en 1998, où il a fait ses premières armes en participant au pilotage de grands programmes IT et en accompagnant des projets des transformation auprès de clients utilities, assurance et protection sociale. Il a ensuite œuvré comme free-lance, essentiellement sur du pilotage projet et du pilotage de programmes stratégiques, dans des domaines aussi variés que la banque, le secteur hospitalier ou l'industrie. Il a plongé il y a quelques années dans le monde fabuleux du Big Data et accompagne depuis plusieurs clients dans leurs premiers pas dans le domaine. Après plusieurs années de collaboration avec ISlean, il a rejoint en 2017 l'équipe dont il partage les valeurs et l'envie de délivrer de la valeur à ses clients.

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