La logistique urbaine : situation et panorama

Paris, le 20 janvier 2024 – Une étude ISLEAN, cabinet de conseil en stratégie et transformation, dresse un panorama à 360° de la logistique urbaine en 2024. Fort de son expertise en supply chain, ISLEAN dresse un panorama de la situation et analyse les leviers des logisticiens. Le cabinet propose une évaluation des solutions alternatives à la livraison en véhicule thermique afin de contribuer à décarboner les zones urbaines, sans perdre en performance économique.

Face à la double tendance de e-consommation et de métropolisation, les acteurs de la logistique urbaine sont mis sous pression pour contribuer collectivement à la décarbonation des centres villes.

  • En France, 78% de la population vit en zone urbaine, dont 60% dans des zones de plus de 100 000 habitants. La Covid a accéléré une montée en puissance du e-commerce et donc des livraisons Toutefois, les consommateurs particuliers, pas toujours suffisamment informés, sont 73% à déclarer ne pas vouloir payer plus cher pour une livraison plus éco-responsable ;
  • Les logisticiens sont les premiers à servir ce mode de consommation ; ils créent des emplois depuis 2005 et contribuent à réaménager l’espace péri-urbain en y créant des entrepôts, tout en occupant 20 à 35% du trafic urbain. Les logisticiens bénéficient également de l’externalisation d’acteurs industriels, en étant capables à la fois de mutualiser les flux et d’investir dans des SI à l’état de l’art, deux prérequis du secteur en 2024.
  • Avec un parc de véhicules à 95% diesel et des véhicules âgés de 9 ans en moyenne, la logistique urbaine émet 25% des GES des véhicules en ville et représente 69% des accidents de la circulation. Les logisticiens courent donc le risque de ne plus pouvoir rentrer dans les cœurs des villes. Sans attendre les premières échéances des ZFEm, certaines villes ont déjà fermé des tronçons complets de circulation et/ou horaires.
  • Les élus et administrations des villes, quelle que soit leur forme administrative, sont majoritairement démunis d’expertise face à ce phénomène, au croisement de plusieurs de leurs compétences. Par ailleurs, certaines métropoles préfèrent afficher que le sujet est laissé au traitement du secteur privé, tout en multipliant les complexités de circulation : l’accès à certaines zones, selon sa vignette Crit’air est en effet géré par la ville.

Face à ce phénomène, observé dans d’autres métropoles du monde comme New York et Singapour, les logisticiens testent de nouveaux modèles de distribution et de collecte en centre-ville depuis plusieurs années.

Trois solutions sont analysées en détails, au prisme de l’équation économique du logisticien afin de déterminer son intérêt à agir durablement ainsi que l’intérêt de l’élu à prendre parti pour un modèle :

  • La cyclo-logistique devient pertinente économiquement pour un logisticien ayant un certain volume dans certaines zones, tout en contribuant à l’effacement carbone. Toutefois, elle gagnera en performance si elle est couplée à des hub tactiques, dépourvus de la contrainte immobilière ;
  • Les points de retraits montrent une limite de rentabilité dans un modèle traditionnel (de type Drive piétons) ; l’alternative doit être complètement automatisée, pour supprimer une partie du coût du dernier kilomètre, en impliquant le consommateur final ;
  • Le transport fluvial entend aussi reprendre des couleurs, malgré des investissements majeurs, face à l’augmentation de la complexité opérationnel, notamment en proposant des solutions de livraison couplées à de la cyclo-logistique, préparé lors du transit en péniche ;

Comme le conclut Louis-Alexandre Louvet « Le dernier kilomètre représente 40% du coût de transport. C’est le maillon pouvant générer le plus de gains économiques, écologiques et sociétaux.».

 

L’étude complète => ICI

 

L’équipe ISLEAN de l’étude :

  • Amr Arbani ;
  • Louis Alexandre Louvet ;
  • Melchior Plasmans ;
  • Narjiss Sakhi.