Dans le monde de l’entrepreneuriat, certaines rencontres sont porteuses d’inspiration et de changement. Récemment, nous avons eu le privilège de discuter avec Stéphane Legatelois, CEO de Delipop, une entreprise française qui propose un réseau universel entièrement automatisé de points de retrait urbains dédiés à l’e-commerce alimentaire et non alimentaire… Stéphane partage pour ISLEAN le parcours de son aventure entrepreneuriale et son expérience.

Delipop : le réseau robotisé de points de retrait de courses effectuées en ligne

Quel est le problème à résoudre qui a lancé Delipop ?

Le digital a changé la manière dont nous faisons nos courses alimentaires, une évolution encore accélérée par le COVID-19. Toutefois, en zone urbaine, personne n’avait encore réussi à trouver le modèle opérationnel adéquat pour relier l’appétence des clients au digital et la volonté de développer des solutions de livraisons viables et pérennes.  

Les défis sont multiples : congestion urbaine, impact écologique, enjeu social. A l’avenir, il est probable que la livraison à domicile dans l’alimentaire soit facturée au client, au bon prix, et qu’elle devienne un service premium. 

Chez Delipop, nous avons vu une opportunité de résoudre cette équation complexe.

Comment se positionne Delipop sur le marché ?

Nous avons un modèle unique qui aborde directement ces défis :

  1. En mutualisant les flux de plusieurs partenaires dans les camions de Delipop, on économise des camions ;
  2. En consolidant la livraison sur des points de retrait, on évite les problèmes liés aux 100 derniers mètres de livraison tout en répondant aux besoins des consommateurs. Le consommateur vient à pied chercher ses courses quand il le souhaite. 

On propose un service de livraison qui permet de suivre la croissance de l’E-commerce en zone urbaine et qui a la volonté de créer une logistique sans nuisances qui diminue la circulation dans les villes.  

Je ne crois pas aux modèles écologiques qui n’ont pas de réalité économique. Grâce à cette mutualisation et à l’automatisation du point de retrait, on propose une solution économiquement viable pour le marchand.

Photo d'un des points de retrait Delipop

Delipop : réseau de points de retrait de courses faites en ligne. Crédit : Delipop

Comment avez-vous lancé le projet ?

Mon expérience de plus de 6 ans chez Carrefour en tant que directeur des opérations e-commerce m’a beaucoup appris sur les opérations et la logistique des points de retrait. J’avais la responsabilité des Drive, Drive Piéton, et de la livraison à domicile. 

De plus, ma rencontre, il y a quelques années, avec mes deux futurs actionnaires experts dans la logistique et les opérations du derniers kilomètres, a confirmé la nécessité de créer un nouveau modèle de logistique urbaine.

L’e-commerce alimentaire en milieu urbain ne se fera qu’avec de la mutualisation. La mutualisation existe déjà : quand on regarde dans un camion de la Poste, il y a de tout. Si chacun faisait dans son coin, ce serait impossible. L’e-commerce alimentaire ne pourra pas se passer de cette mutualisation pour se développer.

Delipop aujourd’hui et demain ?

En plus de deux ans, nous avons établi une présence solide et développé des partenariats clés avec des acteurs majeurs du retail : Intermarché, Carrefour et Monoprix. 

On a aussi montré qu’il y a une appétence client pour l’automatisation, Les retours sont très positifs, et les clients affirment que Delipop a simplifié leur quotidien. Le NPS est supérieur à 80.

Notre objectif à court terme est de lever des fonds pour élargir notre réseau de points de retrait à Paris, et passer de 10 point relais aujourd’hui à 100 en 2 ans. 

A plus long terme, nous souhaitons devenir un service incontournable dans les métropoles françaises. Delipop a le pouvoir de concilier l’appétence des clients au digital et les contraintes de la ville. 

Imaginez apporter aux maires une solution qui permet de résoudre leurs problèmes de logistique urbaine avec un modèle économiquement viable !

A l’international, nous pourrions viser des villes denses avec des difficultés de circulation. 

Quels enseignements pour Stéphane ?

1- La valeur de l’expérience. Je vois beaucoup d’entrepreneurs très jeunes, et j’admire cela. Je n’aurais jamais pu le faire personnellement. J’ai 54 ans, mais je pense qu’il faut avoir un historique derrière soi.

2- La résilience, c’est extrêmement important. Depuis 2 ans et demi, j’ai été confronté à beaucoup de barrières (administratives, réglementaires, business…). Il faut être conscient que l’on investit minimum 5 à 10 ans de sa vie dans son projet. 

3- je souhaite trouver un nouveau modèle qui fonctionne et je veux réussir à l’ imposer dans les grandes villes.

4- Il faut être conscient du risque que l’on prend…

 

Pourquoi êtes-vous entrepreneur, et pas salarié ?

L’entrepreneuriat a toujours été une vocation pour moi. Je suis un des cofondateurs de « the green link », système de livraison en vélo cargo il y a 15 ans. J’ai aussi été cofondateur d’Urbantz, solution d’optimisation de routes de livraison. J’ai toujours aimé entreprendre et trouver de nouveaux modèles pour faire bouger les choses.

Mon parcours chez Carrefour a été enrichissant. Et j’ai eu la conviction que c’était enfin le bon moment pour lancer ce projet. Les conditions étaient pour moi réunies :

  • la maîtrise des modèles opérationnels de l’E-commerce
  • les échanges avec Hervé Street et Lukasz Nowisnki alignés pour trouver un nouveau modèle viable et vertueux
  • la conviction partagée avec Hervé et Lukasz sur le fait que le modèle Delipop est un modèle d’avenir.

Quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ?

Soyez sûrs de vous et de votre projet. 

Il faut réfléchir plusieurs mois et se demander si c’est le bon projet, si vous avez l’expertise pour l’opérer, si votre écosystème est réuni pour vous aider à porter ce projet (famille, amis, relations, réseau, situation personnelle, localisation…). 

L’entrepreneuriat n’est pas un chemin facile, mais si vous êtes convaincus que c’est le bon moment et que vous êtes prêts à faire face aux défis avec résilience, alors lancez-vous.