Rencontre avec Timothée Le Quesne co-fondateur et CEO d’Energysquare


Les chargeurs et câbles en tous genres : trop encombrants, souvent pas très costauds, véritables nids à poussière… Vous pouvez d’ores et déjà les considérer comme lettres mortes ! Grâce à la technologie d’Energysquare nous faisons un véritable bond dans le futur, où les chargeurs ne sont plus que des objets vintage.

Comment avez-vous lancé le projet Energysquare ?

Nous voulions résoudre le problème de la trop grande quantité de câbles et du manque d’ergonomie pour charger nos appareils électroniques.

Au départ, c’était un projet étudiant lorsque nous étions à Télécom Paris, en 2014 : Nous avons réalisé un projet dont le thème général était « les énergies du futur ». Nous nous sommes demandé comment avoir accès à l’énergie pour les appareils électroniques aussi facilement que l’on a accès à nos données dans le cloud. Lorsque nous avons lancé le projet, les technologies de charge sans fil étaient toutes inductives, et elles avaient toutes les mêmes limites et qui plus est, multiples : la nécessité de positionner très précisément l’appareil au-dessus de la bobine de charge, la lenteur de la charge, la surchauffe, les interférences du champ magnétique, et le coût élevé à l’intégration dans un appareil. Notre technologie, elle, est conductive et permet de dépasser ces limites.

Quels ont été les plus gros challenges de Energysquare ?

Nous avons pour ambition de devenir le nouveau standard industriel de charge sans fil et de vendre ce standard à des industriels, afin qu’ils l’intègrent dans leurs appareils. Nous venons d’ailleurs de signer un partenariat avec Lenovo dans ce sens. Or, les cycles de vente sont très longs : il faut convaincre les acteurs du marché que c’est le bon standard, c’est-à-dire qu’il est fonctionnel et qu’il peut s’industrialiser, cela représente un grand défi.

Pour relever ce défi, nous nous sommes concentrés sur la fabrication d’un produit physique durant les deux premières années : une surface de charge pour tablettes et smartphones. Pour ce faire, nous avons lancé un financement participatif sur Kickstarter et enregistré 1500 précommandes. Et fin 2017, nous avons pivoté vers une approche de vente de licences, en nous servant de cette première expérience pour montrer la robustesse de la technologie et son  intérêt auprès des utilisateurs. Puis, nous avons continué de faire des pilotes avec des grands groupes pour convaincre du besoin existant sur le marché et de la fiabilité du produit. D’ailleurs, le directeur commercial d’Energysquare est en relation avec certains grands groupes qui veulent supprimer les câbles devenus trop nombreux et contraignant pour le flex office.

Pourquoi êtes-vous entrepreneur et pas salarié ?

Ce projet nous tenait déjà à cœur lorsque nous étions étudiants, et nous voulions le pousser le plus loin possible. Notre ambition était de développer cette technologie et de devenir un acteur majeur de la recharge sans fil. C’est donc naturellement que nous nous sommes lancés à plein temps sur ce projet, avec lequel nous avions obtenu assez de preuves pour nous permettre de monter en puissance.

De quel accompagnement avez-vous bénéficié au démarrage du projet ?

Nous avons été très accompagnés par notre école, ainsi que par nos enseignants, aussi bien sur le plan technologique que sur le plan entrepreneurial.  Nous avons en plus bénéficié d’un an et demi d’accompagnement à l’incubateur de Télécom Paris, et une levée de fonds fin 2017 nous a amené des business angels, leur expérience, leur réseau et leur vision stratégique. Nous avons donc toujours été très bien entourés.

Energysquare aujourd’hui ?

Pour résumer, c’est le prochain standard de charge sans fil. Au CES 2020 (Consumer Electronic Show), nous avons annoncé un partenariat avec Lenovo pour l’intégration de notre technologie à une gamme de leurs appareils. Nous sommes aussi en tests avancés avec d’autres fabricants d’appareils électroniques. Aujourd’hui nous sommes une équipe de 8 personnes, et prévoyons d’être une grosse quinzaine d’ici la fin de l’année.

Les suites du développement ?

L’objectif à court et à moyen termes est, que des produits de masse, intègrent notre technologie et donc de devenir un standard sur la charge d’appareils en espace de travail, et un standard de charge sur d’autres verticales de marché comme l’éducation ou encore l’industrie, où les appareils électroniques sont de plus en plus nombreux.

Quels enseignements retenez-vous de cette expérience ?

Je dirais qu’on apprend énormément de choses dans beaucoup de domaines différents, et surtout que l’on apprend vite. Pour progresser, nous devons tous toucher à beaucoup de secteurs : c’est un apprentissage accéléré.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer ?

Je leur conseille de bien s’entourer, notamment de personnes expertes dans le secteur en question. Il est essentiel d’avoir de bons conseils, en particulier sur les sujets que l’on maîtrise moins. Et surtout, si on a une idée et l’envie, il faut oser, peu ont regretté de s’être lancé dans l’aventure entrepreneuriale.

Article co-écrit avec Balthazar Dadvisard

 

Alexandra Tondowski

Alexandra a réalisé son cursus estudiantin à Sciences Po Paris ainsi qu’à l’Université d’Oslo. Passionnée par le monde de l’entreprise, elle s’est spécialisée en management et innovation digitale ; puis a rejoint les équipes de ISlean consulting en 2019, pour travailler sur des projets de transformation numérique.

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Alexandra Tondowski
Alexandra a réalisé son cursus estudiantin à Sciences Po Paris ainsi qu’à l’Université d’Oslo. Passionnée par le monde de l’entreprise, elle s’est spécialisée en management et innovation digitale ; puis a rejoint les équipes de ISlean consulting en 2019, pour travailler sur des projets de transformation numérique.

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