Comment faire plus avec moins ?


Comment faire quand vous avez une liste de besoins valorisés à 200, alors que votre budget n’est que de 100 ?

C’est dur la vie !

Qui n’a jamais vécu, dans sa vie personnelle ou professionnelle, le dilemme budgétaire consistant à se retrouver avec une liste de besoins valorisés à 200, alors que l’argent disponible n’est que de la moitié ?

C’est la dure loi de la vie, on ne fait pas ce qu’on veut. A la différence de l’Etat, détenteur, pour le bien public, du monopole de la violence légitime, qui peut, légalement, quand il n’a plus d’argent, augmenter les taxes et impôts, un foyer ou une entreprise ne peut pas décréter une augmentation de salaire auprès de son employeur, ou de chiffre d’affaires auprès de ses clients.

À tout le moins, il est dans certains cas possible de souscrire un emprunt auprès d’un prêteur ou d’une banque, si on arrive à les convaincre que la dépense est favorable à votre enrichissement, donc à votre capacité à rembourser.

C’est dur la vie parfois

Si vous n’êtes ni l’Etat, ni en capacité à emprunter, comment s’en sortir ?

La manière lambda

La première façon de faire, peu créative, consiste à prendre la liste des dépenses, à mettre des priorités et à sabrer les priorités faibles.

Malheureusement, il est très courant de se retrouver dans la situation où il n’y a plus que des priorités 1 et 2, élevées, toujours en dépassement budgétaire, et plus aucune priorité 3 et 4 à sabrer.

Monsieur Michu fait de la priorisation

Les décisions qui sont alors conduites consistent à sabrer des priorités 2 et parfois même 1, élevées et très élevées, souvent au point de rendre le plan d’actions résultant déséquilibré, voire tout à fait incohérent.

Il est, étonnamment, assez rare que quelqu’un propose de transformer la manière de conduire une action, de manière à ce qu’elle produise un résultat identique, voire légèrement différent, mais pour un coût significativement plus faible.

Les manières créatives

Il existe plusieurs manières de faire mieux ou pareil avec moins : questionner la valeur, acheter mieux, faire autrement.

Questionner la valeur

C’est, normalement, ce qu’on fait quand on examine les priorités. Entre la crèche municipale et la piscine inter-communale, quelle est la dépense qui apportera le plus de bien-être aux habitants, ou, plus cyniquement, qui rapportera le plus de suffrages au maire sortant ?

On voit là que la valeur peut être quantifiée à l’aune de nombreuses échelles, pas toutes objectives, et que d’ailleurs elle n’est pas toujours  quantifiable. Combien d’argent ou de voix rapporte une piscine municipale ?

Acheter mieux

Avec un peu de recherche, grandement aidée aujourd’hui par internet, il est surprenant de découvrir fréquemment qu’un même service peut se retrouver dans des échelles de prix de 1 à 100.

Certains fournisseurs gagnent cet avantage grâce à des salaires domestiques plus faibles, ou des exigences environnementales plus laxistes, ou encore une qualité produit douteuse.

D’autres gagnent avec de l’innovation : ils ont trouvé un moyen de faire mieux avec moins : investissement en machines, en procédé, en matériaux, leur permettent de fournir 100 fois moins cher. C’est ce qu’a réussi à faire Amazon ou Google avec leurs services d’hébergement, relativement à ce qui préexistait avec les hébergeurs historiques comme IBM.

Trouver de tels fournisseurs qui, sans sacrifier vos valeurs, vous rendent un      service en rupture, cela a une grande valeur, et c’est ce qu’on attendrait d’un service Achats.

Faire autrement

Bonne nouvelle ! Vous-mêmes, vous pouvez innover ! C’est vrai que jusque là tout le monde construisait des maisons passoires thermiques et dépensait des milliers d’euros d’énergie en chauffage et climatisation. En adoptant des pratiques et matériaux de construction innovant, vous pouvez, pour 5 à 10% d’investissement de plus, avoir un logement pour lequel la facture énergétique est divisée par 100.

Se dire qu’on peut faire pareil, voire mieux, pour 100 fois moins de moyens est tellement contre intuitif, que la plupart des gens ne se posent même pas la question, donc ne cherchent même pas, alors qu’une solution est peut-être assez facile à trouver, compte tenu des innovations apparues ces dix dernières années.

Ne jamais renoncer à chercher

La pression budgétaire ne doit donc pas être subie passivement et conduire au renoncement. Elle est féconde si elle pousse les gens à chercher comment faire avec ce qu’on a, en logique d’effectuation, et continuer à contribuer au progrès.

Dépasser les freins et les idées recue, l’agilitée vecteur de la liberté

Philippe Kalousdian

Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008. Son métier consiste à apporter le progrès technologique aux décideurs. Il a débuté comme ingénieur du cycle nucléaire à SGN/Areva. Il rejoint Bossard-Gemini consulting en 2000. Philippe est diplômé de MINES ParisTech, membre CA MINES ParisTech Alumni de 2010 à 2018, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21. Il aime le ski et la moto. Il connecte des univers lointains, ce qui crée de la valeur par sérendipité. Depuis 2014, il accompagne des start-up, dont Color Grail et AYO Lab.

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Philippe Kalousdian
Philippe Kalousdian a fondé ISlean consulting avec Eric Villesalmon en 2008. Son métier consiste à apporter le progrès technologique aux décideurs. Il a débuté comme ingénieur du cycle nucléaire à SGN/Areva. Il rejoint Bossard-Gemini consulting en 2000. Philippe est diplômé de MINES ParisTech, membre CA MINES ParisTech Alumni de 2010 à 2018, est membre fondateur de X-Mines Auteurs et du MOM 21. Il aime le ski et la moto. Il connecte des univers lointains, ce qui crée de la valeur par sérendipité. Depuis 2014, il accompagne des start-up, dont Color Grail et AYO Lab.

2 Comments

  1. Avatar
    Michel Catin 17|12|2018 at 2:27 - Reply

    Faire mieux (pas forcément plus) avec moins, c’est quand même un peu pour cela que j’ai été (moyennement) payé pendant 45 ans …

  2. Avatar
    URBAN-GALINDO 01|07|2019 at 5:49 - Reply

    le ratio 100 fois moins cher qui apparait plusieurs fois pour le même service ou même mieux me semble excessif comme presque « une généralité ». Il rend les propos tenus peu crédibles.
    Sans affirmer que ce chiffre 100 puisse exister, je crois que réduire de 4 fois serait déjà exceptionnel : diviser par 2 en éliminant les « besoins » superflus, combiné à une division par 2 dans l’efficacité de la mise en œuvre serait déjà très bien.

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