Poursuivant notre exploration des modèles gammes, ces vieux aphorismes managériaux, nous abordons aujourd’hui un art difficile qui pèse (trop) souvent sur les épaules du manager : celui de la prise de décision.

L’entonnoir de la décision stratégique ou opérationnelle.

Première évidence : toute décision est un choix. Pour qu’il y ait choix, il faut avoir plusieurs possibilités. Le rôle du conseil est de présenter plusieurs possibilités, pas de choisir à la place du client. Mais c’est vrai aussi de toute personne qui veut faire décider son encadrement : présentez et explicitez des choix, ne vous contentez pas d’un vote pour ou contre sur une proposition unique. En sens inverse, par exemple, le décideur qui se voit proposer un projet demandera toujours quel est le risque à ne pas le faire, quelles sont les alternatives.

La décision stratégique est avant tout un renoncement

Lorsqu’un décideur évoque une quinzaine de sujets en les présentant comme étant tous sa priorité, il n’a, en réalité, pas fait de choix stratégique. La stratégie ne consiste pas à empiler des initiatives, mais au contraire à choisir, et donc, à renoncer. Enoncer une stratégie, c’est donc, par essence, refermer des possibles. Parfois, ne pas choisir est pertinent, mais il faut être conscient que le non-choix est aussi une réduction des possibles.

Comment prendre une décision ?

  • 2 questions clés à se poser : Et après ? (à quoi cela va-t-il servir ? quel est l’objectif ?) Et si ? (Quelles sont les alternatives ? Comment pourrait-on faire autrement ?)
  • Se laisser guider par le fameux acronyme KISS (Keep IT Simple & Stupid). Dans l’évaluation des alternatives préalables à une décision, une prime doit être accordée à la solution la plus simple.
  • Penser aux 2 effets possibles d’une décision : un effet sur la performance (produire de la valeur) et un effet sur le moral (produire de la motivation des équipes pour agir)

« Solution cherche problème »

Cet adage (avec KISS) est sans doute l’un des Modèles Gammes à avoir le mieux traversé les générations. Il rappelle les perversions qui consistent à :

  • appliquer des solutions toutes faites et inappropriées,
  • justifier une action par un problème prétexte,
  • ne s’attaquer qu’aux problèmes dont on a les solutions en poche.

 

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