Dipongo : l’application qui fait quitter les écrans !


Réveillez à nouveau la créativité des vos enfant grâce à Dipongo. Pour nos célèbres entretiens entrepreneur, nous avons eu la chance de rencontrer Marion Peret, co-fondatrice de Dipongo. Découvrez comment cette application aide les enfants à utiliser le digital de manière active tout en s’amusant.

Quel est le problème que Dipongo cherche à résoudre ?

Dipongo cherche à lutter contre la passivité des enfants devant les écrans pour les “reconnecter” à la vie réelle. Cette passivité nuit considérablement à la créativité des plus petits qui ont de moins en moins d’idées lorsqu’on leur demande d’apporter des solutions, faire des dessins… De ce fait Dipongo cherche à rendre les enfants d’aujourd’hui autonomes pour le monde de demain

En quelques mots, Dipongo c’est quoi ?

C’est l’application qui fait quitter les écrans. Ce sont des histoires interactives où, pour avancer, les enfants entre 4 et 8 ans sont invités à proposer des solutions à un défi. Les solutions doivent être réalisées en dehors de l’application et intégrées via l’appareil photo connecté à l’application. Toutes les solutions permettent d’avancer dans l’histoire et chacune d’elles modifie le cours de l’histoire. A la fin de chaque histoire, toutes les solutions apportées par les petits sont mises en commun pour donner encore plus d’idées aux enfants.


Comment avez-vous lancé le projet ?

Il y a 3 ans. Emmanuelle, mon associée, a lancé une première version de l’application dans le cadre du concours start up week organisé par ADN Startup à Bordeaux, où Dipongo a remporté le premier prix. Elle a ensuite développé le projet et a cherché un illustrateur quelques mois après. J’ai complété le duo peu temps après.

Nous avons décidé de nous lancer dans le projet car en tant que mamans, nous nous sommes rendues compte de l’impact des écrans sur nos enfants. Nous avons retrouvé ce constat également dans la littérature. Le pédiatre allemand Peter Winterstein a mené une étude pour évaluer les conséquences de passer trop de temps devant les écrans de façon passive, comme lorsqu’on regarde la télé. Dans son étude, il a conclu que les enfants qui passent trop de temps devant les écrans ont une réduction considérable de leur créativité.

La consigne était très simple : dessiner un bonhomme. Comme affiché dans l’image ci-dessus, les enfants qui avaient signalé passer 3 heures devant les écrans ont dessiné “strictement le nécessaire”. En effet, sans un modèle à suivre ou avec peu de consignes, ils n’imaginent pas au-delà du “bonhomme”. Ils manquaient donc d’imagination et d’esprit d’analyse pour rentrer dans les détails.

Alors que les enfants passant 45 minutes par jour devant les écrans ajoutaient beaucoup plus de détails à leur dessin. 

Sur cette base, nous avons souhaité que Dipongo apprenne aux enfants à utiliser le digitale de manière active. Dipongo ne s’oppose pas à l’utilisation du digitale, bien au contraire, l’application cherche à adapter le digital pour l’adopter intelligemment.

Comment adopter le digital intelligement avec Dipongo ?

Dipongo propose un abonnement mensuel qui met à disposition des familles de nouvelles histoires via l’application (de téléchargement gratuit sur smartphone et tablette). Ces histoires sont rédigées avec des experts (neuroscientifiques, professeurs et sophrologues). Par ailleurs, Dipongo envoie un carnet créatif chaque mois dans la boîte aux lettres des familles. Ces carnets contiennent des aides à la création, des patrons pour de jolies créations, des coloriages magiques, des jeux reliés à l’histoire digitale et des tutoriels rigolos.


Les professeurs font partie également des utilisateurs fréquents de l’application en intégrant l’application à la salle de classe. Ils reçoivent en addition du carnet créatif et les histoires un manuel pédagogique sur comment aborder les histoires du mois ainsi que des astuces sur comment mettre en place des ateliers créatifs avec leurs élèves

A la fin des histoires, les enfants ont accès aux images des idées des autres. 

Une inquiétude récurrente des parents est l’utilisation des photos prises par les enfants et plus particulièrement de ce qu’ils voient sur internet. Comment gérez-vous le partage d’image entre les enfants ?

Dipongo ne se sert pas des images. Le partage ne se fait pas directement d’un enfant à l’autre. A la fin de chaque histoire, ce que les petits verront est une galerie avec les solutions imaginées par d’autres enfants. Les images qui apparaissent dans cette galerie sont filtrés avec l’IA et puis le filtre est affiné à la main pour s’assurer qu’il n’y a pas d’images perturbantes pour les enfants.v

Quel impact a eu la crise sanitaire sur Dipongo ?

Avant la Covid, notre business model été purement B to B. 99% du chiffre d’affaire provenaient de la vente des licences applicatives dans le secteur du tourisme (e.g. musées) afin d’améliorer l’expérience famille de ces structures. 

Pour les particuliers, l’application était néanmoins disponible pour téléchargement gratuit avec quelques histoires en accès également gratuit. Notre idée était de développer le B to C en 2022 mais en gardant toujours comme principal business le B to B.

Avec la crise sanitaire, tout le tourisme et toutes les sorties culturelles se sont arrêtées et nos équipes faisaient du télétravail. Or, c’est pendant les 10 semaines du confinement que notre business model a radicalement changé. Nous avons eu un pic de 35 000 téléchargements de l’application. Nous proposons donc aujourd’hui un abonnement d’histoires interactives spécialement pour les familles.

Quel est le bilan à ce jour de Diponngo ? 

Dipongo est une application actuellement incubée par Microsoft Education depuis le confinement. Nous recevons de l’aide sur les API et avons accès à Azur. Nous sommes soutenus par la région Nouvelle-Aquitaine, Station F, le Ministère de l’éducation, la French Tech, Orange Femmes Entrepreneuses, entre autres.

Dipongo c’est aussi :

  • 60 000 utilisateurs actifs à ce jour avec un faible taux de désinstallation de 6% 
  • 2 600 abonnées sur facebook
  • 8 000 personnes inscrites à la newsletter

Dipongo c’est également une équipe de 9 personnes :

  • Emmanuelle Gras, co-fondatrice et CEO
  • Marion co-fondatrice, et Directrice artistique
  • Une équipe de créations 
  • Une équipe commerciale 
  • Une équipe marketing et communication

Dipongo est une application très appréciée dans le milieu entrepreneur :

  • CES Innovation Award 2020 « Software & Mobile Apps” à Las Vegas
  • Gagnants “Learning and entertainment” 2018 Prix Accor Hôtel au salon Viva Technology
  • Gagnants du startup weekend Bordeaux – 2017
  • Gagnants de Be a boss be entrepreneur en 2018 et 2020

CES Innovation Award (Las Vegas) : Marion et Emmannuelle, co-fondatrices de Dipongo

Quelle sera la suite pour Dipongo ?

Développer les achats intégrés dans l’application, notamment pour avoir accès en permanence aux univers des mois précédents et développer ainsi un kiosque avec des packs d’histoires pour les familles.

Dipongo souhaite aller aussi vers l’international notamment en Europe et en Amérique du nord et rendre ainsi l’application bilingue (français et anglais). L’application est accessible partout dans le monde mais le carnet créatif est envoyé principalement en France.

Début octobre, nous avons lancé une campagne d’abonnement via KissKissBankBank avec jusqu’à 30% de réduction sur le prix des abonnements. Par ailleurs, pour tout abonnement, 1€ sera reversé à l’association “Les Fées Bleues” composée du personnel soignant du service de réanimation pédiatrique du CHU de Bordeaux.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ?

  • Pas écouter tout ce qu’on dit et croire en soi
  • Savoir s’entourer professionnellement car nous avons tous des visions différents et devons apprendre à créer des rythmes de vie pour réussir son projet. Avec mon associée nous complétons nos apports à Dipongo. Moi, je suis artiste et elle est ingénieure. Nous nous faisons confiance sur le travail que l’autre réalise. 
  • Savoir s’entourer dans la vie personnelle : Il faut avoir des gens qui croient à votre projet et qui vous soutiennent quand vous pensez baisser les bras.
  • Être naïve ! S’autoriser à rêver !  Tant que vous avez les moyens et tant que vous y croyez, les gens vont y croire aussi.

Un mot de réconfort, un conseil pour les futurs entrepreneurs ?

Franchement, il faut y aller ! N’ayez pas peur d’essayer de vous lancer. C’est facile à dire mais n’ayez pas peur des échecs. Il n’y a pas de réussites sans échecs ! La probabilité de réussir n’est pas nulle donc à force de faire vous allez réussir. 

Andres Villarreal

Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.

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Andres Villarreal
Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.

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