Comment faire grandir son projet sans perdre l’esprit startup ?


Dans le cadre du Club du Grain Numérique, ISLEAN a organisé fin juin-début juillet en partenariat avec le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables (CSOEC) une série de webinaires sur l’entreprenariat. La croissance des startup était le sujet du deuxième webinaire : « Comment faire grandir son projet sans perdre l’esprit startup ? ». Retour sur cet échange, animé par Jean-Marc Zanini (Partner ISLEAN), avec Julien Niquet (EPSOR), Sylvain Gilibert (Atometrics) et Christophe Aubé (AgreenCulture) que vous pouvez également retrouver en vidéo. Nous remercions tous les entrepreneurs pour leur investissement au sein de cette aventure.

Comment faire grandir son projet sans perdre l’esprit startup ?

Le Club du Grain Numérique cherche à faire rayonner les différents projets entrepreneuriaux ainsi que l’entreprenariat lui-même via des entretiens auprès des entrepreneurs. Ce deuxième webinaire de l’édition 2020 a réuni trois startups très différentes participantes au concours de l’entrepreneur de l’année 2020 (voici les vainqueurs de 2020)  :

  • Atometrics : créée en 2016, ils sont 6 collaborateurs actuellement et proposent une solution d’analyse économique et financière a partir de la collecte de diverses base de données.

    Présentation d’Atometrics

  • Epsor : une solution d’épargne salariale et retraite fondée en 2017 et réunissant 50 personnes. Elle gère l’épargne salariale de 200 entreprises représentant 10 000 collaborateurs.

    Présentation d’EPSOR

  • AgreenCulture : créée en 2016, ils comptabilisent 35 collaborateurs et proposent une solution pour une production de nourriture durable grâce à un robot doté d’un géo-positionnement très précis combiné de l’intelligence artificielle lui permettant d’analyser son environnement.

    Présentation d’AgreenCulture

Qu’est-ce que pour vous l’esprit startup ?

Pour Atometrics, l’esprit de startup ne s’agit pas d’un esprit limité à ce type de structure mais plutôt à la création d’entreprise en général. L’esprit de création d’entreprise entraîne ainsi avoir une organisation efficace sans rôles clairement définis, c’est-à-dire que chacun participe à de divers fonctions. Il s’agit également d’une organisation très agile et orientée croissance, avec un esprit de groupe très serré.

Pour AgreenCulture, société deeptech, ce qui caractérise à cet esprit c’est une très grande créativité accompagnée d’une très grande agilité. Ainsi du jour au lendemain il est possible d’abandonner un choix technologique et repartir d’une nouvelle solution. Lorsque cet esprit est en place, notamment au démarrage de la société, l’organisation n’a pas beaucoup de contraintes à part du budget et des collaborateurs à disposition.

EPSOR décrit cet esprit comme l’envie de réinventer une partie du monde à sa manière et changer les règles traditionnelles du secteur en partant de peu de choses. C’est aussi donner de l’importance à des sujets depuis le début, au contraire de grands groupes qui doivent s’y adapter, comme par exemple l’environnement.

Quel est le point d’inflexion où l’on doit changer d’approche ?

Sylvain signale que Atometrics, étant en plein expansion, traverse en ce moment ce point d’inflexion. 3 éléments lui fait comprendre ce changement :

  • Signature du premier grand contrant, ce qui entraînent des obligations contractuelles et qui impliquent donc une organisation des responsabilités importante.
  • Dès que l’on trouve une solution qui marche avec certitude, la créativité et agilité se voient limitées dans le but de creuser et se positionner.
  • Quand l’équipes du départ ne plus capable de répondre à toutes les opportunités du fait de l’organisation de la société.

Quant à l’expérience d’AgreenCulture, Christophe explique que le point est atteint quand il faut stabiliser et fiabiliser la robustesse du produit. Toute solution comporte des risques et donc il faut faire attention à bien s’organiser pour que chacun fasse ce qu’ils font mieux. Cela veut dire que l’organisation doit changer au sein de la société. Un autre point d’inflexion est atteint  quand les équipes grandissent, notamment parce que les nouveaux collaborateurs ne portent pas le projet avec la même passion que l’équipe de départ.

Pour EPSOR, il ne faut pas opposer l’esprit startup à la croissance, mais plutôt trouver l’équilibre entre l’agilité et créativité apportées, et les défis typiquement liés à la croissance. Cet équilibre reste tout de même difficile à atteindre. Le besoin d’un nouveau équilibre est constaté dès que l’on doit utiliser des processus lourds et traditionnels afin de recouvrir les risques et donc d’assurer la pérennité de la société.

 

Vous faites quoi pour préserver cet esprit startup ?

  • Chez Atometrics, l’objectif immédiat est de s’éloigner un peu de l’esprit startup notamment pour pouvoir grandir. Il note plusieurs pistes qui considère importants pour son projet. Ces pistes, partagées tout au long de la table ronde, sont :  L’organisation de la société doit être revue afin qu’il y ait des équipes dédiés au développement du produit, tout en ayant une autre dédiée à la conception de nouveaux produits.
  • Tout de même, les modes habituels de prise de décision et de débat entre les associés par exemple doivent être conservés.

Dans le secteur d’AgreenCulture, une difficulté / opportunité est la saisonnalité. De ce fait, ils ne peuvent pas se permettre de « rater une saison ». C’est pourquoi, l’équipe doit faire preuve de créativité et agilité pour développer de nouvelles fonctionnalités à proposer dans la période de mars à mai, toujours très à l’écoute des besoins des clients.

La culture RH est assez important au sein d’EPSOR : garder la liberté en termes de culture et démocratie en interne sont clé.  Particulièrement lorsque cela est supporté par un mode de développement agile. Dans les cas d’EPSOR, la croissance rapide de leur équipe rend nécessaire de garder une vigilance proche de la cohérence des enjeux de la société et leur compréhension en interne. Cette culture est également très importante pendant des périodes difficiles, notamment la pandémie, pour pouvoir compter au maximum sur les équipes.

 

Andres Villarreal

Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.

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Andres Villarreal
Andres est Consultant Junior au sein d'ISlean consulting. Il est économiste et titulaire d'un Master en Economie des Marchés et des Organisations de l'Ecole d'Economie de Toulouse. Il s'intéresse à la transformation digitale notamment dans l'énergie, les transports et l'éducation.

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