Collaboration : comment (bien) choisir ses systèmes de stockage ?


Je me suis récemment procuré un NAS pour me permettre de centraliser l’intégralité de mes données dans un espace personnel sécurisé et les rendre accessibles à distance. Avant de procéder à mon achat (compulsif), j’ai pris le temps de me renseigner sur les différents types de stockages et leur infrastructure.

Je vous livre aujourd’hui ma modeste compréhension du sujet obtenu à travers mes recherches, ainsi que les premières clés de sélection de système selon vos usages.

Les différents systèmes de stockages

Globalement, les systèmes de stockages reposent sur 4 infrastructures d’hébergement de données :

le DAS, ou Direct Attached Storage

Le DAS correspond à un système de stockage directement relié à un ordinateur unique ou un serveur. Il ne se trouve pas sur un réseau et les autres périphériques ne peuvent donc pas y accéder facilement.

L’exemple de DAS que tous peuvent connaître est le disque dur de votre ordinateur. Pour qu’un ordinateur A puisse accéder aux données stockées sur le disque dur d’un ordinateur B, il faut ôter le disque dur de l’ordinateur B et le relier physiquement à l’ordinateur A, ou configurer une connexion entre les deux ordinateurs.

le SAN, ou Storage Area Network

Un SAN se présente sous la forme d‘armoire contenant plusieurs baies de disque reliées au SI par un réseau dédié. Il permet d’effectuer ce qu’on appelle le stockage en mode bloc. Les disques dur ne sont pas reliés directement au serveur cependant les baies de stockages sont directement accessibles en mode bloc par le système de fichier des serveurs. En gros, chaque serveur voit l’espace disque d’un SAN comme son propre disque dur. Il permet de mutualiser les ressources de stockages et de relier un disque à plusieurs machines simultanément.

le NAS, ou Network Attached System

Un NAS est une baie de stockage qui dispose à la fois de son propre système d’exploitation dédié à la gestion des données, d’un logiciel de configuration, de son propre système de fichier et d’un ensemble de disque indépendant.

Le NAS est attaché au réseau pour servir de serveur de fichiers. Les disques ne sont pas reliés au serveur mais au NAS et permet l’accès client aux données sans passer par un serveur d’application. Le NAS permet d’offrir l’accès aux mêmes fichiers à plusieurs serveurs simultanément et est très adapté pour les applications qui sollicitent les systèmes de fichiers de façon intensive. Dans le NAS, les échanges de données entre le serveurs et les disques se font en mode fichier, contrairement au SAN et DAS où les échanges sont en mode bloc.

le Cloud, ou Cloud

Le Cloud consiste à externaliser les traitements de stockage sur des serveurs distants. Le stockage est alors vendu comme un service avec paiement à l’utilisation avec généralement une facturation scalable sur la consommation réelle.

On dénombre 3 types de stockages Cloud :

  • le cloud public : le matériel d’un prestataire est utilisé par plusieurs entreprise. L’utilisateur n’a plus à se soucier du matériel, de sa maintenance et de son évolution
  • le cloud privé : infrastructure propre à l’entreprise, permettant de garder les données confidentielles en interne. Cette infrastructure dédiée implique des coûts très importants.
  • le cloud hybride : utilisation conjointe du cloud public et privé selon la criticité des données

File storage, bloc storage et object storage : Quésako ?

Chaque système de stockage privilégie une méthode de stockage qui lui est propre, certain pouvant en allier plusieurs.

Les méthodes de stockages se déclinent en 3 types :

Le stockage en mode fichiers, ou File storage

Vous êtes toutes et tous déjà familiarisés avec ce type de stockage. Toute personne ayant déjà enregistré un fichier sur son PC, Mac ou ordinateur portable a déjà fait l’expérience du File Storage. Les fichiers sont enregistrés dans leur ensemble à un emplacement donné du disque dur.

Le File Storage ne sépare pas les données d’un fichier. Le fichier est enregistré dans son ensemble et est réouvert sous cette forme. La hiérarchie est obtenue par le système de répertoires à plusieurs niveaux. Il en résulte des chemins de répertoire assez longs que le système informatique ou un serveur doit connaître. Les chemins permettent de naviguer de manière à pouvoir réouvrir les fichiers. Les informations sont enregistrées sous la forme de métadonnées.

Le stockage en mode bloc, ou Bloc storage

Alors que pour le File Storage l’intégralité des fichiers sont enregistrés dans le système de dossiers, pour le Block Storage, les données sont enregistrées sous forme de bloc à l’endroit le plus pertinent selon le système, qui divise pour cela les fichiers en blocs uniformes. Les fichiers perdent alors leur signification propre et deviennent difficiles à exécuter ou à ouvrir. Les blocs sont ici des unités de même taille. Pour que les différents blocs puissent être retrouvés, une adresse est attribuée à chacun d’entre eux. Si le serveur reçoit une demande, il peut ainsi localiser les données, les regrouper et les livrer.

Le stockage par bloc est généralement réalisé dans un Storage Area Network (SAN). Les mémoires de données sont ainsi mises à la disposition de plusieurs serveurs via un réseau. Tout est réglé par un logiciel chargé de la localisation des blocs.

 

Le stockage en mode object, ou Object storage

Avec l’object storage, les données sont sécurisées en tant qu’objets (merci Sherlock). On peut se représenter un objet comme un paquet. Ce dernier contient les données mêmes, ainsi que de nombreuses métadonnées et un identifiant unique (ID) permettant une structure plate. Avec le stockage basé objets, plutôt que d’être organisées en structures de dossiers complexes, les données se trouvent les unes à côté des autres. Le support de stockage en question (local ou à distance) ne revêt qu’une importance secondaire.

L’object storage se démarque par plusieurs avantages : pour commencer, sa structure plate permet un accès rapide. Plutôt que de vous demander de choisir vous-même l’espace de stockage, le système prend cette étape en charge.

L’utilisateur n’est pas en mesure de voir où l’objet a effectivement été placé. Ceci n’est cependant pas important, car l’objet peut être retrouvé et consulté directement via son ID unique. En conséquence, le stockage objet est particulièrement adapté pour un Cloud public. L’espace de stockage est ainsi idéalement exploité.

 

C’est bien mignon, mais la collaboration dans tout ça ?

Concrètement, je suis capable de vous parler de ce que je connais et de ce que j’ai pu expérimenter. Mes connaissances restent bien évidemment à approfondir. Ce retour d’expérience concerne donc principalement le NAS et le Cloud.

Globalement, je suis très satisfait des 2 solutions, qui pour chacune présente son lot d’avantages et d’inconvénients.

Le NAS permet de créer un espace de stockage unique centralisant l’intégralité des données, et les rendant accessibles partout, n’importe quand et depuis n’importe quel appareil, pour peu que la configuration soit correcte. L’installation et la configuration sont simplifiées puisque (quasiment) automatique, le NAS disposant de son propre système d’exploitation.

Le stockage en mode fichier ne bouscule pas les habitudes acquises en utilisant les PC. Les fichiers sont stockés dans des répertoires disposant chacun de leur propre arborescence et hiérarchie, et sont disponibles pour tous les utilisateurs disposant des droits d’accès. Tant que l’emplacement d’un fichier n’est pas modifié, son chemin reste identique.

D’un autre côté, le NAS présente également des inconvénients. Les données seront toujours accessibles en réseau local tant que le matériel fonctionne, mais ne pourrons plus être accessible à l’extérieur en cas d’indisponibilité réseau. La gestion et l’administration du serveur doivent être gérés personnellement, nécessitant du temps et des compétences parfois techniques.

A noter que le travail à plusieurs sur un même document ne semble pas possible (ou je n’ai pas encore trouvé comment faire !). De plus, si un fichier change de répertoire, son chemin d’accès se verra modifié, et les utilisateurs disposant du fichier grâce à un lien ne pourront plus y accéder.

Des inconvénients que je n’ai pas retrouvé lors de l’utilisation de Cloud publics tel que celui de Google ou Microsoft.

Le Cloud public présente les mêmes avantages que le NAS, à ceci près que les données ne sont pas stockées en interne. Avantage ou inconvénient ?… cela reste à déterminer en fonction de la criticité des données.

Le stockage en mode objet facilite, de mon point de vue, les questions d’organisation puisque chaque utilisateur d’organiser son espace de travail comme bon lui semble. L’accès aux fichiers ne se faisant plus au travers d’un chemin spécifique mais en se basant sur les méta données et l’ID des documents. Du point de vue gestion,  administration et maintenance, on se retrouve dans la situation du « tu t’occupes de tout, je m’occupe de rien ». Les éditeurs gèrent eux-mêmes leurs serveurs et leurs maintenance. Avantage incontournable pour la collaboration, ce type de service permet permet de travailler à plusieurs simultanément sur un même documents. Avec ou sans connexion réseau, les fichiers restent accessibles et sont mis à jour dès que le réseau est rétabli.

Dans mon cas, les deux solutions répondaient à mes besoins, mais le NAS a finalement été la solution que j’ai retenue car satisfaisant au mieux mes besoins personnels. Si j’avais du opter pour un environnement professionnel, vous l’aurez compris, mon choix ce serait plutôt porté sur des services Cloud.

 

Antoine Bernardi

Antoine Bernardi est un jeune diplomé de l'ISG ayant effectué une partie de son cursus à New York pour l'obtention d'un MBA Business International en partenariat avec la Baruch College.

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Antoine Bernardi est un jeune diplomé de l'ISG ayant effectué une partie de son cursus à New York pour l'obtention d'un MBA Business International en partenariat avec la Baruch College.

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