La technologie a progressivement tissé sa toile dans presque tous les aspects de notre quotidien. De l’intelligence artificielle qui façonne de plus en plus nos interactions virtuelles aux immenses data centers, chaque innovation s’appuie sur une infrastructure numérique complexe et interconnectée. Au cœur de cette révolution technologique se trouve une composante cruciale, souvent invisible mais indispensable : les interfaces de programmation d’applications, ou APIs. Ces dernières jouent un rôle de catalyseur dans l’évolution technologique, permettant une synergie sans précédent entre différents logiciels et plateformes.

Toutefois, malgré leur rôle crucial, les APIs ne sont pas sans défaut. Elles peuvent engendrer des coûts cachés pour les entreprises qui les adoptent. Cet article vise à explorer ces aspects souvent négligés, en offrant un aperçu des coûts cachés associés aux APIs et en proposant des stratégies pour les minimiser.

APIs : Attention aux coûts cachés !

Qu’est-ce qu’une API ?

Selon la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), « une API (Application Programming Interface ou « interface de programmation d’application ») est une interface logicielle qui permet de « connecter » un logiciel ou un service à un autre logiciel ou service afin d’échanger des données et des fonctionnalités.»

Une API est une interface qui permet à deux logiciels ou composants logiciels de communiquer, de s’échanger des données, selon des règles bien définies. Selon ces règles, on distingue plusieurs types d’API, la plus répandue étant l’architecture REST (d’où l’appellation API REST). Pour en savoir plus.

Pour caricaturer, imaginez que vous vous trouviez dans un restaurant haut de gamme (ou pas), assis à une table avec un menu en main. Ce menu représente une interface utilisateur, vous présentant une liste de plats que vous pouvez commander. Cependant, vous n’avez pas d’accès direct à la cuisine, où les plats sont préparés. Pour commander, vous communiquez votre choix au serveur, qui agit ici comme une API (Application Programming Interface).

Pourquoi les API sont -elles aujourd’hui si incontournables ?

La popularité et l’utilité croissantes des APIs résultent d’un besoin toujours plus important de lier et d’intégrer divers systèmes. Ce besoin est amplifié par une demande accrue de solutions flexibles, interconnectées et centrées sur l’expérience utilisateur. Les API se sont imposées comme un élément fondamental de l’architecture logicielle en facilitant la collaboration à grande échelle.

Historiquement, à l’ère naissante de l’informatique, les systèmes informatiques fonctionnaient de manière isolée, sans interconnexion. L’émergence d’Internet a changé la donne, rendant indispensable la connexion entre ces systèmes pour un partage efficace des données et des fonctionnalités. Le développement et la généralisation du World Wide Web ont entraîné la création de normes d’interfaçage permettant aux diverses plateformes et services en ligne de communiquer entre eux. Cette évolution a donné naissance aux premières API basées sur le protocole HTTP, comme les API REST (les plus populaires), simplifiant ainsi l’interaction entre les applications web.

Aussi, les entreprises ont vite compris l’importance cruciale de l’intégration de systèmes pour optimiser leurs opérations et accroître leur efficacité. Dans ce contexte, les API sont devenues indispensables pour assurer une interopérabilité fluide entre des systèmes disparates. De plus, l’avènement de plateformes ouvertes et des app stores en ligne a stimulé les développeurs à concevoir des applications en tirant parti des fonctionnalités et services déjà existants via les API. Cette approche a considérablement accéléré l’innovation, permettant le développement rapide d’applications en assemblant des composants préexistants.

Tout cela semble parfait à priori, mais il y a des coûts cachés. Nous en identifions quatre catégories dans l’utilisation d’APIs

Illustration coûts caches API

1- Des coûts d’indisponibilité

Les APIs, en tant que ponts entre différents systèmes et services, jouent un rôle crucial dans le fonctionnement fluide des infrastructures numériques. Cependant, leur dépendance implique un risque souvent sous-estimé : celui de l’indisponibilité. Lorsqu’une API est inaccessible, que ce soit à cause de problèmes de serveur, de maintenance ou de dépassements de quota, les répercussions peuvent être très impactantes. Les applications dépendantes peuvent se retrouver partiellement ou totalement inopérantes, entraînant des pertes directes de revenus et une dégradation de l’expérience utilisateur. Bien sûr, les coûts d’indisponibilité ne se limitent pas aux pertes immédiates, mais incluent également par exemple l’impact sur la réputation et la confiance des utilisateurs, souvent beaucoup plus difficile et coûteux à rétablir.

2- Des coûts de non qualité

La qualité d’une API influence directement la qualité du service ou de l’application qui l’utilise. Une API mal conçue, difficile à utiliser ou instable, peut engendrer des coûts de non qualité significatifs. Ces coûts se manifestent sous forme de temps et de ressources supplémentaires nécessaires pour intégrer et maintenir l’API, sans parler des erreurs et des problèmes qui peuvent survenir en production (que nous incluons dans les coûts d’indisponibilité). Les coûts de non qualité incluent également les opportunités manquées, lorsque les limitations ou les défauts d’une API empêchent l’innovation ou l’amélioration des services existants.

3- Des coûts de dépendance

En intégrant des APIs tierces, les entreprises créent souvent sans le savoir (ou sans en tenir rigueur), une dépendance qui peut se révéler coûteuse. Si le fournisseur de l’API décide de changer ses conditions d’utilisation, d’augmenter ses prix, ou pire, de discontinuer le service, les entreprises se retrouvent dans une situation de crise. La conséquence potentielle, c’est soit d’accepter ces changements (souvent au détriment de leurs marges ou de leur qualité de service), soit d’ entreprendre un processus coûteux et risqué de migration vers une alternative.

4- De la Dette Technique

L’utilisation d’APIs peut également contribuer à l’accumulation de dette technique, surtout si l’intégration initiale a été réalisée sans une planification et une conception dans les règles de l’art. La dette technique fait référence au coût supplémentaire engendré par des choix de conception antérieurs qui ne sont plus optimaux. Elle se caractérise par une augmentation des coûts de maintenance, une diminution de la flexibilité du système et une complexité supplémentaire lors des mises à jour ou des intégrations futures. N’hésitez pas à consulter notre livre blanc sur la dette technique (que vous devriez voir apparaître dans la barre latérale à droite de votre écran 😉) et/ou la série d’articles sur le sujet rédigée par Mathilde Régnier-Dulout, Manager chez ISLEAN.

Illustration anticipation minimisation couts caches API

Quelle approche adopter pour anticiper et minimiser ces coûts ?

Pour anticiper et minimiser les coûts cachés associés aux APIs, nous vous conseillons d’avoir une approche stratégique et proactive. Cela implique une évaluation rigoureuse des fournisseurs d’API en termes de fiabilité, de qualité et de pérennité. Il est également crucial, dans la conception de vos produits, de concevoir une architecture flexible qui permette de changer facilement d’API sans bouleverser l’ensemble du système. L’adoption de bonnes pratiques de développement, comme la gestion des versions d’API et la mise en place de contrats d’interface clairs, peut également atténuer les risques. Enfin, il est indispensable de prévoir un budget pour la gestion de la dette technique et pour les éventuelles migrations ou intégrations futures.

Si vous souhaitez être accompagnés dans votre démarche ou sur des sujets relatifs plus généraux comme des audits SI, n’hésitez pas à nous contacter.

Les APIs sont incontestablement au cœur de l’innovation technologique, permettant une intégration et une interopérabilité sans précédent entre les services. Cependant, leur utilisation n’est pas exempte de risques et peut entraîner des coûts cachés significatifs. En adoptant une approche stratégique et proactive et en mettant en place des pratiques de conception rigoureuses, il est possible de minimiser ces coûts.