L’hologramme : focus sur un futur monde tridimensionnel


Fini le monde de la 2D, bienvenue dans le monde de la 3D ! Les hologrammes ont toujours fasciné les fans de science-fiction. On se rappelle encore de la scène culte introduisant la princesse Leia sous forme holographique dans Star Wars : Un nouvel espoir sorti en 1977 ou encore du requin géant se jetant sur Marty McFly dans Retour vers le futur 2 de 1989. Plus récemment, en France, Jean-Luc Mélenchon a créé le buzz en réalisant un discours dans plusieurs villes à la fois grâce à des hologrammes. La réalité a-t-elle rattrapé la fiction ? Pas tout à fait. Le terme est souvent repris à des fins commerciales toutefois nous sommes encore loin de sa définition stricto sensu. Pour autant, encore au stade du développement, nous pouvons imaginer le monde de demain tout en 3D. Les applications sont et seront nombreuses dans les années à venir. Musique, retail, politique, publicité; les hologrammes apporteront une expérience supplémentaire pour tous les publics.

Les hologrammes, qu’est-ce que c’est ?

On parle de plus en plus des hologrammes et du début de leur démocratisation. Fantasmé depuis le XXème siècle à travers un grand nombre de films de science-fiction à connotation futuriste, le terme est connu de tous sans pour autant réellement exister.

En effet, les hologrammes sont en réalité la projection d’une forme 3D dans un espace donné. Cette projection de lumière met alors en perspective aussi bien des objets que des êtres vivants. Même si les progrès en la matière semblent bluffants, il n’existe pour le moment pas de « réels hologrammes » mais seulement des illusions optiques. Les hologrammes tels que nous les concevons et nous souhaitons les voir se développer sont ceux donnant cette sensation de flottaison dans l’air. Or, physiquement parlant, la lumière n’est visible que lorsqu’elle est projetée sur de la matière.

A l’heure actuelle, ce que nous appelons hologrammes sont davantage des trompes l’œil car ils requièrent un support pour donner cette impression de flottaison, or les vrais hologrammes sont censés fonctionner sans aucun support. On parle dans le cas des techniques développés de « fantôme de Pepper » (Pepper’s ghost) faisant référence au scientifique anglais du XIXème siècle John Henry Pepper qui améliora une technique d’illusion optique déjà existante. Utilisée lors des représentations théâtrales, la technique du fantôme de Pepper consistait à placer une vitre devant la scène afin de faire refléter une autre scène « cachée » (appelée « blue moon« ) ou un acteur jouait le rôle d’un fantôme à l’aide de la lumière. La projection de cette scène « cachée » sur plusieurs vitres habilement placées et inclinées permettait de donner cette illusion de transparence et donc de fantôme. Si le fantôme de Pepper était utilisé à l’époque pour le théâtre, il existe maintenant plusieurs déclinaisons reprises dans de nombreux domaines.

Différentes techniques développées

Comme il a été vu précédemment, les hologrammes actuels nécessitent un support pour projeter la lumière et avoir ce rendu visuel en 3D. Différentes techniques ont été développées afin de donner cet aspect 3D. Parmi elles, il existe les pyramides holographiques avec ces 4 faces permettant de rendre un objet visible à 360°, les vitrines holographiques reprenant le système de fantôme de Pepper ou encore le dispositif Hypervsn qui grâce la combinaison de projection de diodes électroluminescentes et plusieurs rayons donne un résultat se rapprochant le plus de la définition scientifique.

Des applications nombreuses

Avec le début de popularisation des hologrammes, les entreprises commencent à saisir les nouveaux enjeux et avantages qu’ils peuvent procurer aussi bien en interne qu’en externe. Apportant une nouvelle expérience aux consommateurs, l’holographie n’est pour le moment pas à la portée de tous les budgets mais cela devrait évoluer au fur et à mesure des progrès.

Pour le moment, la technique est surtout utilisée dans le milieu événementiel notamment lors de concerts. Les hologrammes donnent la possibilité aux artistes d’être présents à plusieurs endroits mais également de faire « revivre » des personnes décédées le temps d’un événement. Outre les artistes, on fait réapparaître également des personnalités historiques comme l’ancien président américain Ronald Reagan au Ronald Reagan Presidential Library and Museum. Un projet qui aura tout de même coûté plus d’un million de dollars et 4 ans de travail pour voir le jour.

Dans le milieu de la consommation, plusieurs entreprises commencent à s’attaquer à cette technologie afin de proposer une expérience utilisateur supplémentaire au travers de leurs produits. Sur le marché des smartphones, Samsung devrait sortir un nouveau smartphone projetant de l’imagerie 3D.

L’une des applications les plus attendues pour les entreprises est la diffusion de publicité holographique. L’hologramme permet d’apporter de la profondeur et par conséquent de mieux mettre en valeur un produit.

Beaucoup d’autres secteurs peuvent envisager l’intégration holographique. L’armée s’y intéresse pour de nombreuses raisons avec entre autre la représentation en relief d’une zone d’opération afin d’avoir un meilleur visuel pour atteindre les objectifs. Le secteur immobilier souhaiterait également se servir de ces techniques 3D lors de présentations de futurs constructions par exemple. Enfin, la médecine est un autre secteur s’intéressant de prêt à l’holographie. Elle permettrait à un chirurgien d’étudier par exemple en amont en grandeur nature le corps d’un patient avant opération.

Il ne s’agit là que de quelques exemples applicatifs mais au final, son champ d’utilisation est large. L’opportunité de ce marché est colossale. Certains organismes estiment sa valeur à 5,5 milliards de dollars d’ici 2020. Autant dire que l’on devra s’habituer à ces nouveaux visuels.

Les hologrammes apportent de nouvelles problématiques

Le développement d’une nouvelle technologie apporte le plus souvent de nouvelles problématiques. Des problématiques d’ordre moral en passant aux problématiques juridiques, les technologies amènent constamment à remettre en question notre droit et au sens plus large notre façon de vivre. En effet, jusqu’où faut-il aller ? A quel moment doit-on mettre des limites et comment encadrer son déploiement ? Toutes ces questions peuvent déboucher sur des débats de société, des concertations et de nouvelles jurisprudences.

L’holographie n’est pas épargné par ces sujets. Bien que nous sommes encore qu’au stade des premiers expérimentations publics, plusieurs problématiques sont déjà apparues. L’une d’elle concerne la question morale de faire « ressusciter » des personnes défuntes par cette technologie. En effet, le rendu peut-être tellement réaliste que cela peut soulever la question de savoir si cette pratique est éthique. Par ailleurs, exploiter l’ « image » d’une personne décédée est-il de la nostalgie ou un coup marketing ? Cette question pousse à la réflexion étant donné que l’idée derrière l’hologramme est de faire perdurer l’image du défunt sans avoir son consentement (bien évidemment).

Un autre exemple de problématique que peut poser l’holographie au sens sociétale est le mariage. En Novembre 2018, un japonais du nom de Akihiko Kondo s’est marié avec un hologramme de la chanteuse fictive Hatsune Miku. Dans un pays où le célibat est fortement présent, le mariage humain-hologramme n’est pas pour autant légal. Symbolique, cette alliance entre Akihiko Kondo est peut-être l’ouverture d’un débat. Le cas n’est pas isolé puisque l’entreprise Gatebox qui a fabriqué l’hologramme tel que celui de Hatsune Miku affirme avoir eu 3700 demandes de mariage.

Conclusion

Le marché de l’holographie est en voie de développement même si l’utilisation du terme se trouve biaisé. Cependant, il est fort à parier que la définition pure de l’hologramme se concrétise prochainement. Des physiciens de l’université américaine de Brigham Young ont mis au point un système de lasers capable de donner l’illusion de mouvement et flottaison à un objet. La technique de « photophorèse » a permis de réaliser cet exploit. Bien supérieur aux « hologrammes » actuels, la technique est remarquable car elle ne nécessite pas de support pour donner cette illusion. De même, l’objet donne un aspect tri-dimensionnel peu importe le point de vue. Ce type d’avancée donne de bons espoirs à tous les passionnés de nouvelles technologies tout comme aux entreprises pour lesquelles les applications seront nombreuses.

Pour aller plus loin :

« Résurrection » de Ronald Reagan
Entretien avec des chercheurs de Brigham Young University

Thomas Cerisier

Thomas rejoint ISlean consulting en 2018 en tant que Consultant Junior. Diplômé d'un Master en marketing stratégique et opérationnel de l'EM Strasbourg et cumulant deux ans et demi à l'étranger aux Etats-Unis et Royaume-Uni, Thomas s'oriente par la suite vers le conseil.

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Thomas rejoint ISlean consulting en 2018 en tant que Consultant Junior. Diplômé d'un Master en marketing stratégique et opérationnel de l'EM Strasbourg et cumulant deux ans et demi à l'étranger aux Etats-Unis et Royaume-Uni, Thomas s'oriente par la suite vers le conseil.

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